Après la visite du premier ministre israélien : des complicités avérées et de regrettables silences
Le MRAP exprime son incompréhension devant l’absence de critiques formulées par le président Sarkozy à l’encontre de la
politique israélienne lors de la visite du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et regrette que le
président français n’ait pas conforté l’attitude de monsieur Mitchell, l’envoyé spécial de l’Administration Obama,
qui n’a pas hésité à marquer sa réprobation envers les propositions israéliennes sur la Palestine allant jusqu’à remettre la réunion qu’il devait avoir ce mardi avec monsieur Netanyahou.
Venu rechercher auprès de la France de Sarkozy après l’Italie de Berlusconi les appuis nécessaires pour disposer d’une marge
de manœuvre vis à vis des demandes formulées par le président Obama et tenter de crédibiliser au niveau international
ses positions jusqu’auboutistes, monsieur Netanyahou peut être satisfait de sa visite en France.
De ce point de vue son voyage est un succès pour la diplomatie israélienne et une amère trahison par la France des principes
les plus élémentaires pouvant amener un règlement de la question palestinienne.
Les exigences israéliennes : reconnaissance du caractère juif de l’Etat d’Israël, délimitation des frontières, refus du
partage de Jérusalem, démilitarisation du futur Etat palestinien n’ayant fait du côté français l’objet d’aucune
contestation, c’est en fait un blanc- seing que le président Sarkozy s’est permis, au nom de tous les Français de délivrer à son invité.
Si le président français peut se prévaloir d’avoir obtenu des assurances quant à l’arrêt de la construction de nouvelles
colonies, c’est qu’il se prête consciemment à un véritable marché de dupes ; pseudo-concession, cette mesure ne
signifie nullement l’arrêt de l’extension des colonies existantes …d’autant que c’est le démantèlement complet des colonies qu’il faut exiger pour remplir l’une des conditions préalables à une véritable négociation israélo-palestinienne.
En ce sens, monsieur Sarkozy prête son concours à une opération de mystification de l’opinion publique qui disqualifie la
France sur la scène moyen-orientale.
La proposition d’organiser une réunion du Quartet sur la Palestine à Paris – la Russie de son côté fait la même proposition
de réunion à Moscou- ne peut en l’occurrence apparaître que comme une initiative visant à restaurer le crédit
diplomatique de la France et une opération médiatique dont le président français peut attendre avant tout des retombées en termes de prestige personnel.
Enfin le MRAP s’étonne que sur les problèmes d’ordre plus spécifiquement humanitaires, l’attention du président Sarkozy ne
se soit focalisée que sur le sort du caporal Chalit, prisonnier du Hamas dont il demande la libération oubliant le
sort de Salah Hammouri, jeune franco-palestinien solidaire de la lutte des Palestiniens, emprisonné en Israël depuis plus de 4 ans , dont le président français s’est abstenu d’évoquer le cas auprès de monsieur Netanyahou, preuve d’une partialité regrettable
et fautive qui laisse entendre que le sort d’un franco-israélien, caporal dans l’armée israélienne, et capturé à ce
titre, valait plus que celui d’un franco-palestinien et des quelque 11 000 hommes, femmes et enfants palestiniens
prisonniers des geôles israéliennes pour avoir résisté à l’occupation de leur pays.
Paris, le 15 juin 2009.